Interview d’Alice Kara : une médium entre ciel et terre

Alice Kara est une médium atypique. Par le biais de son blog intitulé « Les tribulations médiumniques d’Alice Kara », elle partage ses billets d’humeur et sa conception de la médiumnité. Alice répond ainsi aux multiples questions que nous pouvons nous poser sur le quotidien des médiums. Pleine d’humour et dotée d’une joie de vivre communicative, elle a accordé un entretien « entre ciel et terre », à Vibrance Magazine.

Alice, comment avez-vous pris conscience de votre médiumnité ?

J’ai pris conscience du fait que ce que je voyais n’était pas forcément ce que voyaient les personnes de mon entourage très tôt. A l’âge, je crois, où l’on prend conscience de nos différences. Ma différence à moi, c’était de pouvoir voir et communiquer avec des personnes décédées. Dans la cour de l’école, en maternelle déjà, je donnais l’impression de parler aux murs, sous le préau.

Lorsque je me suis rendue compte que les autres ne voyaient pas les gens avec qui je parlais, j’ai commencé à me cacher. Ou parfois à ignorer les âmes qui venaient à moi. Cela a été le début d’un isolement intérieur très grand, et j’ai ressenti le besoin de tout « couper ». Pour être normale et faire comme tous les autres. C’est là qu’est apparue la peur aussi, j’ai tout rejeté en bloc.

Je me suis ré-ouverte à la médiumnité, vingt ans plus tard, par la force des choses. J’ai subi une opération des deux pieds, qui m’a fait perdre mon travail, je n’avais plus rien pour faire bouillir la marmite, et pour occuper le temps, je tirais les tarots. Petit à petit, les gens sont venus à moi de plus en plus nombreux. Je faisais ça en dilettante, juste pour m’amuser, puis je me suis rendue compte que ce que je disais arrivait, que je donnais mot pour mot des bribes de conversations qui avaient lieu dans les jours qui suivaient.

J’ai pris la décision de faire ça plus sérieusement, et ma médiumnité est revenue d’un coup. J’ai fait la rencontre de mes guides, qui m’ont enseigné « sur le tas » tout ce que je devais savoir pour me protéger, pour communiquer avec les morts, et comment utiliser les énergies pour soigner les autres. A vrai dire, tout cela s’est fait tellement vite, que je n’en prends la véritable ampleur que maintenant, cela doit être parce que je suis blonde !

Comment se déroule une séance de médiumnité avec Alice Kara ?

Tout se passe de manière totalement informelle, aucune de mes consultations ne ressemble à une autre. Je privilégie le rapport humain, l’écoute, aux explications « froides » de ce que je reçois. Mes consultants ont l’impression de retrouver une amie de longue date au téléphone, et je donne les informations « à la volée ». Cela ne ressemble en rien aux consultations dont les gens ont l’habitude. Mais je ne me verrais pas procéder autrement. Je n’ai aucun support, juste moi, mes guides, et parfois des personnes décédées qui viennent s’incruster pendant l’entretien.

J’use et abuse de l’humour, car un médium c’est aussi quelqu’un qui se doit de dédramatiser le deuil. Si mes consultants ressortent avec le sourire, et avec une peur de l’avenir ou de la mort moins ancrée en eux, alors c’est que mon travail a été bien fait.

Les arts de la scène ont une grande importance pour vous. A votre avis, l’art et la médiumnité sont-ils liés ?

J’ai découvert que contrairement à beaucoup de mes collègues, je ne fais pas partie de la famille d’âme dite « des médiums ». Je fais partie de la famille d’âme des artistes. Toute petite déjà, j’étais attirée par la scène, par le théâtre, le chant, et j’ai même fait une spécialisation pour ça au lycée.

L’art se trouve partout, la vie même est un art à part entière, elle se crée, en continu, à chaque seconde, pour nous offrir tout ce qu’il y a de plus beau. La vie englobe tout, et dans ce « Tout » il y a la médiumnité. Beaucoup de médiums ont un goût prononcé pour l’art. Les médiums sont par définition, de grands créateurs. Je suis depuis toujours étroitement liée aux arts de la scène. Mon petit doigt me dit que ce n’est pas pour rien, j’ai été préparée à faire le relais entre le monde de l’ésotérisme et un média plus grand, peut-être en passant par le théâtre ou la télévision. Lier le monde des artistes, au monde médiumnique.

De plus en plus, les chansons, les films, sont porteurs de magnifiques messages. En somme, les mêmes que ceux que mes collègues et moi distillons un peu partout. Le voile se lève, au grand jour, sur les grands espaces du dedans, sur la survivance de l’âme, sur la reliance de tout avec tout. La conscience a besoin de portes voix, et qui de mieux qu’un chanteur ou qu’un auteur pour s’adresser au plus grand nombre ?

La médiumnité peut-elle se travailler ? Si oui, quels conseils donneriez-vous pour cela ?

Le meilleur conseil que je puisse donner, c’est d’aimer la vie. Plus nous sommes dans l’amour, plus nous allons recevoir de guidance, et plus nos guides seront sur la même vibration d’amour que nous.

Tous les êtres humains (animaux y compris, plantes, etc.) sont dotés d’intuition. Je ne m’avancerais pas à dire que tout le monde va recevoir chez lui, tout comme moi, une file d’attente de fantômes, parce que (sans parler d’élite) cela reste réservé à ceux qui en portent la « mission », mais nous sommes tous capables de sentir une présence, ou ne serait-ce que de ressentir les énergies d’un lieu. Tout le monde a déjà eu « un coup de cœur pour une maison » par exemple. Une impression de se sentir bien quelque part. Tout cela fait partie de l’intuition. Plus les temps avancent, plus nous fonctionnerons avec ces intuitions-là. Si tout le monde utilise son intuition, cela va aussi changer notre rapport à la voyance, qui prendra beaucoup moins d’espace, et je ne m’en plaindrai pas !

On ne peut plus vivre sans énergies, elles prennent une place considérable au quotidien. Que l’on en ait conscience ou pas.

L’intuition, et l’interaction avec les énergies, s’apprend au fil de l’expérience. Lorsque l’on comprend que nous aurions dû écouter par exemple, la petite voix intérieure qui nous disait de ne pas faire telle ou telle chose. On reste sourd, une fois, deux fois, mais à la troisième, en général, on s’écoute.

Il faut savoir se donner de la latitude, savoir s’autoriser un brouillon intuitif, s’autoriser à se tromper parfois. Car que l’on se trompe ou non, tout est toujours parfait.

Le rapport au corps aussi est important, savoir reconnaitre les sensations physiques qui nous appartiennent et celles qui ne nous appartiennent pas, parce qu’elles sont à la personne qui se trouve en face de nous, ou bien parce qu’elles nous sont « envoyées » par une personne décédée, très contente de pouvoir raconter, avec des ressentis physiques, la façon dont il est mort. Les gestes, les mots, rien n’est dû au hasard dans l’intuition ou la médiumnité, il n’y a rien qui ne sert pas.

Lorsque l’on me pose une question sur ma « méthode » pour laisser venir à moi les informations, je dis souvent que je dépose mon cerveau sur la chaise à côté de moi. Il n’y a plus vraiment quelqu’un à l’intérieur, je ne réfléchis pas, je laisse les mots venir jusqu’à ma bouche, sans les analyser, si j’analyse, je me plante.

Croyez-vous au Destin en tant que mission incontournable à accomplir sur Terre ?

Je ne crois pas que nous venions sur terre pour une seule mission. Je crois que nous remplissons au quotidien des milliers de petites missions, qui, entremêlées et mises bout à bout, forment la grande mission universelle de la vie. Se dire que nous avons une mission importante nourrit l’égo, mais bien souvent, ce n’est pas vrai. C’est un amoncellement de petites choses qui forment un tout.

Il ne faut ainsi rien négliger. Il n’y a rien qui ne sert pas dans ce que l’on fait ou dit. Chaque chose induit un nombre incalculable de conséquences. Un simple bonjour à la mamie du 7ème peut faire plus que de renverser un gouvernement. Les rouages de la vie sont infinis et illimités. Même si nous n’avons aucune idée de ce qui se trame dans le « master plan ». Pour la vie, créer une baguette de pain, ou un tsunami, cela prend la même quantité d’énergie, donc… Les limites du bien et du mal, du grand ou du petit ne sont définies que par le mental. Et le mental n’est pas la vérité.

D’un certain côté, c’est aussi très confortable de ne pas user son cerveau l’espace d’un petit moment, je vous conseille vivement d’essayer !

La mission d’âme que nous sommes amenés à accomplir est-elle forcément liée à une de nos passions actuelles ou peut-elle être radicalement différente ?

Comme je le disais plus haut, on peut remplir l’une des missions que l’on est venu accomplir ici bas, juste en allant acheter le pain. Ce n’est donc pas forcément une histoire de passion.

Ma mission à moi n’est d’ailleurs très certainement pas médiumnique, malgré que j’adore ce que je fais, et que je prends beaucoup de plaisir à le faire. On pourrait dire que ma mission du jour était de répondre à votre interview par exemple. Mais aussi de passer le balai chez moi. Ou de faire brûler ce que j’ai mis au four, au milieu de tout un tas de mini choses que j’ai faites, sans y penser.

Lorsque l’on a des passions, c’est l’Univers qui nous donne une route à suivre, à poursuivre pour que peut- être nous venions à faire non pas une grande chose, mais tout un tas de milliers de petites choses. La finalité n’est pas le but, le chemin est le plus important. Mère Thérésa n’a pas aidé tous les gens qu’elle a aidés dans le but d’accomplir une mission, elle l’a fait parce qu’elle était investie par la passion d’aimer les autres. Il ne faut pas retenir sa mission dans sa globalité, mais dans les petites choses qu’elle a accomplies, qui sont devenues grandes. La vie lui a donné l’envie, la passion et le courage, elle a suivi la piste, tout simplement.

Une passion, c’est un murmure de l’Univers dans notre oreille, destiné à nous mener sur le chemin de la vie.

Il semble que 2012 soit l’année de la spiritualité. Que pensez-vous des énergies terrestres en ce moment ?

Les énergies du moment nous chamboulent. Je crois que nous sommes en train de pénétrer dans un niveau de conscience supérieur. Des voiles se lèvent, nous avons un accès direct aux énergies. Les messages sur le « non visible » se font plus présents.

Il y a de grands chamboulements un peu partout, des changements se préparent au niveau mondial, mais aussi et surtout pour chacun d’entre nous. C’est « l’émergence d’un nouveau monde » comme nous pouvons l’entendre partout. Un monde plus intuitif, plus en conscience. Nous sentons de plus en plus la reliance qui relie tout à tout le monde, et les vieux schémas de fonctionnement laissent place à des comportements totalement différents.

La vie nous fait perdre le contrôle sur les choses. C’est un peu comme si elle nous disait de rester cool, de ne pas crisper nos doigts sur le gouvernail, car nous ne pilotons pas réellement le bateau. C’est elle qui l’a toujours fait, mais on tentait tout de même d’essayer. Là, dans ce grand tourbillon, ou vortex 2012, elle nous démontre qu’essayer de contrôler la vie elle-même, ne sert à rien, il y a juste à se laisser porter. Le message très présent en ce moment aussi, c’est que la vie nous aime, rien de ce qui nous est « envoyé » n’est fait pour nous torpiller. Tout est fait par amour. Il n’y a rien de grave. La mort elle même n’est pas grave, puisqu’on on lui survit !

Je conseillerais aux personnes qui lisent cette interview de se laisser porter, de surfer sur la vague, de ne pas avoir peur en cas de remous, et de prendre du plaisir dans chaque chose. De voir le positif. Car, et ce n’est pas une blague, il est partout !

Quels sont vos projets ?

Je suis en train de terminer l’écriture de deux livres en parallèle. L’un plus autobiographique, malgré mon jeune âge, qui sera prétexte à délivrer tout ce que je sais, ou crois savoir, sur la médiumnité. Le second lui, se concentre plus sur l’éveil, et sera constitué de citations tirées de mon blog, mais aussi de nouvelles phrases, inspirées par mes guides. Il sera plus comme un outil, dans lequel venir piocher un peu de reconnexion à la source de l’être, quotidiennement.

Parallèlement à ça, j’interviens sur des voyages initiatiques dans le désert marocain, je poursuis mes conférences partout en France à la rencontre de mes lecteurs, et j’ai aussi un projet de télévision qui se dessine et devrait être diffusé sur une grande chaine prochainement.

Que peut-on vous souhaiter pour l’avenir ?

De ne jamais regarder en arrière, car ce n’est pas là que je vais !

Ah, et l’amour avec un Grand A… Quelque part !

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